Avatar: 10 000 spectateurs au Cinéma Péninsule

Publié à 6h00 le jeudi 11 mars 2010
B8

Jacques Rousselle vit de grandes émotions par les temps qui courent. En novembre, il a été un des rares chanceux à porter la flamme olympique, lors de son passage dans les rues de Tracadie-Sheila. À peine trois mois plus tard, il est au cœur d'un autre grand événement qu'on n'est pas près de revoir de sitôt dans la région. Il a accueilli le 10 000e spectateur venu voir le film Avatar en trois dimensions au Cinéma Péninsule, il y a une semaine.

C'est Vanessa Austin, de Benoît Office, qui a eu l'honneur d'être celle qui a acheté ce billet magique, jeudi soir, lors de la dernière des 118 représentations du mégasuccès cinématographique de James Cameron.

En ordre de grandeur, cette marque absolue est comme comparer les records au hockey de Gordie Howe avant qu'ils ne soient pulvérisés par un certain Wayne Gretzky. Car le précédent film le plus populaire au complexe de Tracadie-Sheila depuis son ouverture, en 2006, avait été l'excellent «Bon cop, bad cop» et ses"¦ 4400 entrées.

Avatar 3D est demeuré à l'écran du Cinéma Péninsule pendant 11 semaines, du jamais vu. Le taux d'occupation des sièges a avoisiné le 90 % durant cette période, ce qui est encore une statistique exceptionnelle. La dernière diffusion a été aussi courue que les premières, avec une salle comble.

«Les gens me disaient depuis mars 2009 de me préparer pour la technologie 3D, car Avatar s'en venait. Je n'avais pourtant aucune idée de dont ils parlaient, à part le fait qu'il était réalisé par celui qui a fait Titanic. Aujourd'hui, c'est de loin notre plus grand succès. C'est comme porter la flamme olympique. Les chances que tu revois ça de ton vivant sont très minces. Quoiqu'on ne sait jamais"¦», clame Jacques Rousselle, un homme très demandé par les médias à la suite de cet exploit.

Un investissement rentable

Avatar 3D est la sixième production cinématographique tridimensionnelle à être projeté sur l'écran spécial en argent du Cinéma Péninsule depuis l'installation de cette technologie, en juillet 2009. Jacques Rousselle s'attendait à rentabiliser cet investissement de 85 000 $ en 18 mois. Avatar lui a permis de devancer son échéance de six mois et de planifier des projets pour l'acquisition d'un deuxième système numérique 3D très bientôt.

Cinq de ses 11 films les plus populaires depuis 2006 sont des films 3D, montre-t-il. «Les Contes de Noël» avec Jim Carrey dans le rôle de l'avare Scrooge avait approché «Bon cop, bad cop» aux fêtes. Mais avec Avatar, c'est extraordinaire. Les gens viennent de Miramichi, de Bathurst et même de Charlo pour le voir en 3D, a-t-il noté. Plusieurs sont venus le voir quatre, cinq et même six fois, jure-t-il.

«On m'avait dit que la technologie 3D allait doubler ou tripler ma clientèle. J'étais même allé m'informer auprès d'un confrère de Drummondville. La norme était une augmentation de 30 %. Mais au Cinéma Péninsule, j'ai rapidement passé de 33 % à 75 %, et même jusqu'à 90 % certains soirs. Un concurrent qui avait la version normale faisait un peu plus de 1000 $ en revenus en une semaine, ce qui est déjà très bien, alors que je pouvais faire jusqu'à 8000 $», continue le copropriétaire de l'établissement.

Selon ses propos, c'est surtout une combinaison d'une excellente histoire et de la technologie actuelle des effets spéciaux qui a fait de l'œuvre de James Cameron le film le plus vu de l'histoire, dépassant même Titanic au box-office mondial. Car, de son propre aveu, les effets 3D ne sont pas les plus spectaculaires à ce jour dans cette nouvelle mode.

«Les gens embarquent dans cette histoire d'une compagnie de pétrole qui œuvre dans un pays pauvre et qui exploite ses gens et son environnement. James Cameron a attendu près de 20 ans pour tourner ce film, car il attendait que la technologie lui permette de faire ce qu'il voulait faire. Quant aux effets 3D, ils sont très bons, mais ce n'est pas aussi choc que dans le film «Destination ultime» où, quand un pneu semble sortir de l'écran pour aller s'écraser dans la salle, les gens ont le réflexe de se protéger», indique ce passionné de cinéma.

Cette mode du film 3D est comparable à celle qu'on a vue lorsque les effets spéciaux par ordinateur ont commencé à être utilisés au cinéma, au début des années 1980, croit-il. Une mode qui pourrait d'ailleurs être rapidement dépassée par un format 4D, avec des sièges qui bougent et des effets à l'intérieur même de la salle de projection.

Mais le vrai changement, précise-t-il, sera la technologie numérique, qui prendra la mesure des vieilles bobines de film. C'est d'abord moins cher - le disque dur coûte un peu plus de 100 $, contre parfois 3000 $ pour les bobines - et la qualité demeure. Avatar 3D est aussi bon à sa 118e représentation qu'à sa première, insiste M. Rousselle.

L'industrie hollywoodienne a aussi compris qu'il y avait un dollar ou deux à faire dans le 3D. À peine Avatar quitté des écrans, Cinéma Péninsule a dû se préparer pour «Alice au pays des merveilles», qui a débuté il y a quelques jours. Ensuite, ce sera le quatrième volet de Schrek en 3D, avant le très attendu «Pirhanas» dont la sortie, prévue en avril, a été retardée à août.

«Avatar a vraiment changé la donne dans l'industrie. Avant, on pouvait planifier un film 3D toutes les deux semaines. Maintenant, il en sort plusieurs chaque semaine. Ça demande une nouvelle logistique. Mais notre but demeure d'assurer des projections de qualité, où le spectateur aura aimé son expérience en son et l'image. Et le numérique facilite les choses. Avatar est encore d'aussi bonne qualité aujourd'hui que lors de sa première présentation, le 18 décembre», souligne M. Rousselle.

 

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